Les résultats des conférences tenues au centre Nyéléni de Sélingué au Mali 

du 26 Novembre au 2 Décembre 2007

Plus de 150 participants de 25 pays africains et de 10 pays d’autres continents représentant des organisations paysannes de producteurs agricoles, d’éleveurs, de femmes, de jeunes, et d’organisations à vocation environnementale, se sont rassemblés au centre Nyéléni de Sélingué au Mali du 26 novembre au 2 décembre, 2007.

Différents réseaux  et organisations ont mis leurs efforts et ressources ensemble pour coopérer et organiser les visites sur des sites de terrain et rencontrer des paysans en vue de discuter les problèmes d’une importance cruciale pour la majorité des peuples en Afrique et leurs environnements.

·         Le changement climatique et ses conséquences sur l’agriculture, les pêcheries et le pastoralisme en Afrique.

·         La lutte contre la faim

·         L’aide au développement pour l’agriculture et le développement rural en Afrique

·         Les alternatives africaines agro-écologiques au modèle de la révolution verte

Nous, les participants, avons partagé l’information et les points de vue et ont discuté nos réponses aux différents défis. Nous avons entrepris de prendre l’information de ces discussions que nous avons trouvée comme une source d’inspiration utile pour nos organisations et réseaux. Nous nous sommes entendus que le vrai test significatif de notre semaine à Nyéléni sera ce que nous ferons concrètement dans les semaines, mois et années á venir.

Il y avait une diversité très riche d’expériences et de points de vue mais il y avait également un consensus général sur les problèmes clés. Nous avons, toutefois, décidé de ne pas faire de déclarations des différentes conférences pour la simple raison que nous n’avions au départ aucun mandat pour signer une déclaration qui ne pouvait pas être discutée avec l’ensemble des organisations. Dans ce document, nous soulignerons par conséquent, quelques uns des principaux points de vue, certaines informations et propositions qui invitent á faire plus de travail.

Les présentations et les notes des groupes de discussion seront aussi disponibles sur les sites web des organisateurs.

Le besoin se fait sentir pour de nouvelles politiques et pratiques

La situation actuelle en Afrique avec une pauvreté et une faim aussi rampantes et sévères n’est tout juste pas acceptable. Les femmes sont particulièrement touchées et portent le plus lourd fardeau. Le changement climatique, principalement causé par une manière non durable de production, de transport et de styles de vie dans les pays industrialisés, est en train de tuer des populations et de détruire leurs moyens de survie aujourd’hui, et il créera de problèmes plus dramatiques dans le futur. La situation de l’Afrique est étroitement liée à l’oppression  coloniale et á celle continue des pays riches. Mais les dirigeants du continent africain ont aussi échoué á protéger leurs peuples. Il y a un besoin urgent pour de nouvelles politiques et pratiques pour le changement social.

Les compagnies multinationales, quelques institutions internationales et les Fondations, quelques dirigeants politiques et des scientifiques sont actuellement en train de pousser á outrance l’avènement  de la « nouvelle révolution verte en Afrique ». Ils disent qu’une telle révolution verte va éliminer de façon définitive la famine et la pauvreté en Afrique et offrira des possibilités aux paysans leur permettant de surmonter les problèmes causés par le changement climatique. Les expériences de la première « révolution verte » ont montré que cette révolution n’a pas éliminé la faim et la pauvreté (l’Inde a encore plus de 200 millions de personnes souffrant de la faim), et cette révolution a eu un effet très néfaste sur l’environnement, par exemple en terme de perte de la biodiversité et de la fertilités des sols. Nous opposerons fermement et nous battrons contre de telles politiques et pratiques promues comme « une nouvelle révolution verte pour l’Afrique ». Au lieu de résoudre les problèmes de l’Afrique, la révolution verte va exacerber les problèmes existants et créer de nouveaux problèmes á terme. Leur politique est désastreuse sur le plan environnemental, elle n’est pas durable et elle apportera sans nul doute plus de faim et de pauvreté.

Notre alternative ultime est la souveraineté alimentaire, l’agroécologie et d’autres formes durables de production alimentaire, en renforçant les mouvements sociaux, particulièrement les organisations paysannes de producteurs et d’éleveurs.

 Le concept de souveraineté alimentaire et les approches agroécologiques reconnaissent et insistent sur l’équité entre les sexes, tenant compte du rôle fondamental et organisateur de la femme rurale à l’accès aux ressources, leur conservation  et leur utilisation, á l’accès aux marchés locaux pour le bien-être des ménages. La promotion de cette politique mettra la femme au centre du développement durable en Afrique.

La souveraineté alimentaire trouve aujourd’hui plus de soutien comme une alternative de modèle politique pour la nourriture, l’agriculture, les pêcheries et le pastoralisme. Nous encourageons les organisations et les individus á étudier les documents de Nyéléni 2007- le Forum Mondial sur la Souveraineté Alimentaire qui a pris place au centre de Nyéléni au mois de Février cette année  (www.nyeleni2007.org)    

L’agroécologie et d’autres formes durables de systèmes de production alimentaire préservent la biodiversité et augmentent la productivité alimentaire. Ces systèmes ont dans la pratique montré des alternatives á la haute technologie, coûteuse et au modèle non durable de la révolution verte. Nous partagerons les expériences et les connaissances sur l’agroécologie et d’autres méthodes pour la production durable de la nourriture et nous encourageons les uns et les autres d’étudier et d’utiliser de telles méthodes de production.

Le renforcement des capacités des mouvements sociaux, particulièrement les organisations paysannes de producteurs, d’éleveurs, de femmes et de jeunes ruraux est un besoin évident en vue de mobiliser la majorité des populations - afin de mettre la pression sur les dirigeants politiques pour changer radicalement les politiques - arrêter les tentatives des multinationales de prendre en otages les populations pour industrialiser l’agriculture- et mettre en pratique les méthodes durables de production. L’éradication de la faim et de la pauvreté, le freinage du changement climatique, la préservation des ressources naturelles et leur utilisation rationnelle, la promotion de modèles de développement durables ne seront pas possibles en l’absence de mouvements sociaux puissants et démocratiques.   

Les changements climatiques et l’agriculture, la pêche et l’élevage en Afrique

Les changements climatiques ont, pour de nombreuses années, eu des conséquences néfastes pour les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs.  Les femmes sont particulièrement affectées. Les populations ont été appauvries, des millions de personnes sont mortes et encore plus de gens ont été forcés à se déplacer.  L’utilisation à grande échelle des carburants fossiles depuis la révolution industrielle en grande partie par les pays riches, est la cause principale des changements climatiques.  La production, les systèmes de transport et la production énergétique fondés sur les carburants fossiles ne sont pas durables. L’agriculture industrialisée responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre a également contribué aux changements climatiques.  Plusieurs pays de sud ont adopté ce même modèle de développement non durable.

Les leaders politiques, les grandes entreprises et d’autres élites des pays riches ont depuis des décennies, et au moins pour les 20 dernières années, savent qu’ils sont responsables d’avoir tué des gens et d’avoir détruit les moyens de subsistance dans les pays du sud.  Les actions de ces décideurs sont aussi responsables de la destruction de la biodiversité et des ressources naturelles dus aux changements climatiques. Malgré tous ces effets pervers, ils maintiennent leurs pratiques et politiques destructrices. Il est temps que les responsables payent pour leur destruction, et il est temps que l’on exerce des pressions pour qu’ils changent leurs politiques.

La vie même des populations, leurs moyens de subsistance et la destruction de la nature ne peuvent être mesurés en des termes monétaires.  Néanmoins, il est temps que les pays riches et les grandes entreprises donnent des compensations aux pays pauvres.  La totalité de l’aide au développement des pays riches ne représente qu’une très petite partie de ce qu’ils devraient payer.

Les préoccupations concernant les conséquences des changements climatiques servent aujourd’hui de couverture pour promouvoir les intérêts des multinationales et des riches.  La production à grande échelle des biocarburants en est un exemple.  Il n’est pas possible de remplacer la majeur partie des carburants fossiles par les biocarburants à cause des énormes quantités requises.  La plupart de la production des biocarburants est très dommageable pour l’environnement, en particulier pour la réduction de la biodiversité, pour les moyens de subsistance des gens et la production alimentaire.  Ce type de production ne va pas réduire mais va plutôt augmenter les gaz à effet de serre à long terme.  Avec les biocarburants, les multinationales vont pouvoir générer des profits énormes et donner aux pays riches l’opportunité de réduire leurs importations en produits pétroliers.

Des initiatives qui se disent s’adresser aux changements climatiques sont utilisées pour promouvoir une « nouvelle révolution verte en Afrique » et les OGM.  Nous nous opposons fortement et  allons protester contre une telle mauvaise utilisation d’une menace aussi grave contre les populations et contre la nature afin de promouvoir les intérêts des sociétés de l’industrie de biotechnologie, des engrais et produits chimiques.

Aucune solution technologique peut arrêter les changements climatiques ou résoudre les problèmes causés par les changements climatiques.  Des modifications en profondeur de la production industrielle, des systèmes de transport, de la production énergétique et des styles de vie dans les pays riches sont requis de toute urgence.  De nouvelles politiques pour la production, les moyens de transport et la consommation en nourriture sont aussi nécessaires. Nos alternatives doivent intégrer le respect et la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire de même que la promotion et l’utilisation d’approches agroécologiques et d’agriculture durable.

Les populations, en particulier les paysans, pasteurs, éleveurs, cueilleurs et pêcheurs doivent trouver les façons de surmonter les effets des changements climatiques.

Nous avons besoin de mouvements sociaux forts avec des politiques et pratiques alternatives pour le développement durable pour faire pressions sur les décideurs  afin qu’ils adoptent des politiques et qu’ils agissent sur les changements climatiques et appuient les populations à surmonter les conséquences des changements climatiques.

Nous nous engageons à:

La lutte contre la faim

Le droit à l’alimentation est un droit de l’homme. Il est totalement inacceptable que 200 millions d’africains demeurent en état de malnutrition. Les leaders politiques mondiaux, en ce inclus les détenteurs du pouvoir en Afrique, sont responsables de ce que la faim perdure en Afrique. Pendant qu’ils parlent et définissent de nouvelles cibles pour la lutte contre la faim, lors du Forum mondial contre la faim ou à l’occasion des Objectifs du Millénaire par exemple, le nombre d’africains souffrant de la faim continue d’augmenter.  

Les causes de la faim sont nombreuses et diverses, mais en Afrique on compte parmi les principales :

·         Longtemps, depuis l’époque coloniale, les systèmes et les pratiques agricoles africains ont été ignorés et détruits  

·         Les politiques et pratiques néo libérales des institutions internationales, telles que la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC, ont forcé les Gouvernements Africains à privatiser, à déréguler, à effectuer des coupes claires dans les Services publics, à ouvrir leurs marchés aux importations à bas prix et à orienter leurs agricultures vers l’exportation. 

·         Les guerres et les conflits, plusieurs d’entre eux trouvant d’ailleurs leur origine dans les les pouvoirs coloniaux et dans les conditions du colonialisme

·         Les enjeux prioritaires africains ne sont pas pris en compte en termes d’actions et de ressources. Les Gouvernements et la communauté internationale des donateurs accordent peu d’importance aux besoins des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs africains

·         Les changements climatiques qui conduisent à des conditions météorologiques  imprévisibles, des catastrophes naturelles plus profondes et plus fréquentes, telles que sécheresses, pluies erratiques et inondations,  

·         La promotion de semences hybrides et d’engrais chimiques par des firmes multinationales, des institutions et des fondations internationales, par les responsables politiques et certains scientifiques,

·         Des aides alimentaires et le dumping de produits alimentaires en provenance de pays riches, qui détruisent les marchés, les modes alimentaires culturels traditionnels et les systèmes de production locaux,

·         Un manque de connaissance en matière de techniques agricoles durables pour la majorité des paysans pauvres

·         HIV/AIDS, paludisme et autres maladies, sont également des causes importantes de faim dans plusieurs pays et régions.

De quoi avons-nous besoin pour éradiquer la faim en Afrique?

Il ne fait aucun doute que l’Afrique est capable de se nourrir elle-même. L’Afrique est un continent riche, disposant d’énormes ressources pour la production alimentaire, une grande diversité biologique et culturelle, de riches et durables traditions et pratiques de production alimentaire. Des changements fondamentaux sont nécessaires dans beaucoup de politiques et de pratiques. Nous en pointons quelques-unes ci-après :

·         Les politiques néolibérales doivent être remplacées par des politiques basées sur les besoins des gens, des sociétés et sur l’environnement

·         Les pays doivent avoir le droit de protéger et de soutenir la production alimentaire destinée à la consommation domestique et le droit de réguler les importations

·         La Souveraineté alimentaire doit être respectée et mise en oeuvre

·         L’agro écologie et d’autres méthodes durables de production alimentaire doivent être promues en lieu et place de la haute technologie quick fix agricultural solutions importées et imposées de l’extérieur.

·         Le pouvoir des firmes multinationales dans l’alimentation, l’agriculture et la pêche doit être réduit

·         La pression pour une “nouvelle révolution verte en Afrique”, les OGM et d’autres initiatives des firmes biotechnologiques, agrochimiques et semencières doivent être arrêtées

·         Obtenir des Gouvernements et des donateurs internationaux qu’ils accordent plus et de meilleurs soutiens à la production agricole alimentaire, basés sur les demandes émanant des producteurs et des communautés locales,

·         Les soutient aux femmes doit considérablement être augmenté.

·         Renforcer les mouvements sociaux, spécialement les organisations paysannes, de pasteurs et de pêcheurs, et les alliances avec d’autres mouvements sociaux, pour promouvoir de nouvelles politiques et pratiques soutenables.

Nous nous engageons à

·         A augmenter nos efforts et nos collaborations pour combattre la faim et la pauvreté

·         A aider les mouvements sociaux à se renforcer, particulièrement les organisations de paysans de pasteurs, de pêcheurs et de femmes.

·         A lutter contre les politiques et les pratiques qui provoquent ou qui maintiennent la faim et la malnutrition, et à nous battre pour des pratiques et des politiques alternatives durables

·         A promouvoir la Souveraineté alimentaire, la biodiversité, les zones sans OGM, l’agro écologie et d’autres moyens durables de productions de la nourriture.

·         A presser les gouvernements et les Agences internationales d’accorder une haute priorité à l’agriculture et à augmenter la qualité des aides basées sur les besoins et les demandes des producteurs de nourriture et des communautés locales.

·         Coopérer avec les mouvements sociaux et d’autres organisations au nord afin de renforcer le soutient du nord dans la lutte contre la famine.  

L’aide au développement pour l’agriculture et le développement rural en Afrique

De meilleurs appuis et des appuis plus substantiels sont nécessaires pour l’agriculture durable, l’élevage et la pêche afin d’éradiquer la faim et la pauvreté.  L’appui pour l’agriculture et le développement rural en Afrique a été drastiquement réduit surtout depuis les deux dernières décennies.  Les gouvernements en Afrique et les pays donateurs n’ont accordé qu’une très faible priorité à l’agriculture et au développement durable.  Ceci pourrait maintenant changer.  Les gouvernements africains se sont engagés à augmenter la part de leur budget national pour l’agriculture à 10% d’ici 2010 ;  plusieurs pays donateurs et agences ont dit qu’ils allaient prioriser l’agriculture.  Le rapport du développement de la Banque mondiale 2008, l’agriculture pour le développement, affirme que plus d’appui à l’agriculture est nécessaire pour combattre la pauvreté et la faim.  Reste à savoir si cette approche va promouvoir la production alimentaire durable et les moyens de subsistance des petits producteurs, ou si cela va plutôt appuyer l’industrialisation de l’agriculture et les intérêts des grands producteurs, des multinationales et de l’agrobusiness.  Nous craignons qu’il s’agira le dernier.

Les mouvements sociaux et les ONG qui travaillent sur des questions de développement sont préoccupés par les questions de la qualité de l’aide et l’efficacité de l’aide.  L’appui devrait être fondé sur des politiques et programmes élaborés par les producteurs, leurs collectivités et  organisations, et devraient appuyer le développement écologique, social et économique durable.  Les appuis doivent renforcer la diversité et doivent apporter des appuis spécifiques aux femmes.

Des initiatives telle « L’efficacité de l’aide » de l’OCDE et la « Plateforme des bailleurs de fonds pour le développement rural » de l’Union européenne sont totalement imposées du sommet vers la base. Les producteurs de nourriture, leurs organisations et les communautés de base n’ont pas été impliqués, sauf depuis très récemment, et ce d’une manière très réduite.  La même chose s’applique aux gouvernements du sud qui ne consultent pas les populations.

Nous nous engageons à

·  Partager des informations et des points de vue sur l’aide au développement pour l’alimentation, l’agriculture et le développement rural

·  Assurer un suivi pour l’appui à l’alimentation, l’agriculture, l’élevage et la pêche

·  Discuter et promouvoir les principes et pratiques pour des appuis effectifs pour l’alimentation, l’agriculture, l’élevage et la pêche afin d’éradiquer la faim et la pauvreté.  Les principes développés par la campagne Plus et Mieux est un bon début

Alternatives agroécologiques Africaines à la Révolution verte

Il y a plusieurs initiatives de compagnies multinationales, de fondations, de politiciens pour pousser une « nouvelle révolution verte » en Afrique. Une de ces initiatives est l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA). En 2006, la fondation Rockefeller et la fondation Bill & Melinda Gates annonçaient une initiative commune de 150 million de dollars pour un projet intitulé l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) pour sauver l’Afrique contre la faim. AGRA est l’initiative phare d’un large réseau de sociétés de l’industrie des semences, des produits chimiques et des engrais de même que les institutions de la Révolution verte qui cherchent à industrialiser l’agriculture africaine. La très grande visibilité médiatisée de cette campagne AGRA pour une nouvelle Révolution verte en Afrique est conçu pour attirer des investissements privés, l’appui des gouvernements africains et convaincre les agriculteurs africains d’acheter de nouvelles semences et des engrais qui devraient augmenter les rendements. AGRA est mis sur pied pour paver la route afin que les chercheurs, les institutions et les paysans africains acceptant l’utilisation des OGM , pas seulement pour les cultures de riz, de mais ou de blé, mais aussi les cultures de cassava, de plantain et d’autres cultures africaines.

La première Révolution verte qui avait été introduite par les fondations Ford et Rockefeller en 1960-90 a approfondie les écarts entre riches et pauvres agriculteurs et avait dégradé les éco systèmes tropicaux, rendant ainsi les paysans déjà vulnérables aux prises à des risques environnementaux accrus. Cette Révolution verte a mené à la perte de variétés paysannes et à une réduction de l’agrobiodiversité qui sont à la base de la subsistance des petits producteurs et de l’environnement durable. Bien que les rendements par capitaux aient augmenté en Asie et en Amérique latine, la proportion des personnes souffrant de la faim a augmenté encore plus. Puisque cette approche répond davantage aux intérêts des grandes entreprises plutôt que de répondre aux besoins des agriculteurs, la nouvelle Révolution verte fondé sur un modèle industriel de l’agriculture risque d’empirer et non d’améliorer les conditions de vie des petits producteurs africains.

La Révolution verte menée par AGRA ne fait pas que menacer la très grande richesse de l’agriculture traditionnelle africaine, elle ignore totalement les innovations et les succès de l’agriculture biologique, des méthodes traditionnelles durables, de l’agro foresterie, du pastoralisme, du contrôle intégré des pestes nuisibles, des méthodes de sélection et d’amélioration des plantes menées par les paysans, les approches paysannes à la gestion de l’eau et beaucoup d’autres approches agro écologiques paysannes. AGRA n’est qu’une des approches très visible d’une poussée industrielle agressive et nous devons décider où mettre nos énergies et nous préparer aux stratégies qui seront mises de l’avant par AGRA pour nous diviser.

La Révolution verte est une stratégie concertée pour minimiser les systèmes de production alimentaire et de la souveraineté alimentaire, pour éliminer le droit des peuples à une alimentation saine et appropriée) travers des méthodes durables et le droit des peuples à défénir leurs propres façons de production alimentaire et agricole

Il y a un besoin urgent d’informer le public et d’engager des débats publics aux niveaux local et national sur la pression pour une « nouvelle révolution verte ». Nous avons aussi droit à la transparence et à la reddition de comptes de la part d’AGRA, des institutions de la Révolution verte, de nos gouvernements et des chercheurs. Nous devons travailler au niveau national pour mobiliser et soutenir les lutes existantes contre les OGM, les agro-carburants, et pour la souveraineté alimentaire. Les alternatives agricoles durables sont liées aux réformes socioéconomiques et politiques.

Nous cherchons à faire campagne pour promouvoir les alternatives  durables africaines à AGRA et sa Révolution verte. Ces alternatives se trouvent au niveau des communautés de base et sont enracinées dans les systèmes agroécologiques et les lutes pour la souveraineté alimentaire.  Des échanges entre paysans et la recherche paysanne, des campagnes d’information à la base de m^me que des politiques et de l’appui pour l’agrobiodiveersité et les droits des pasteurs, des paysannes et tous les petits producteurs sont des pilliers de cette campagne.

Nous nous engageons à:

Personnes

Les informations concernant les  organisateurs seront incluses dans la version finale de ce document.  D’ici la vous pouvez vous addresser a:

Ibrahima Coulibaly, CNOP-Mali: i_ibracoul@yahoo.fr

Diamantino Nhampossa, UNAC, Mozambique: diamantino.n@gmail.com

Mariam Mayet, African Centre for Biosafety, South Africa: mariammayet@mweb.co.za

Mamadou Goita, IRPAD, Mali, mamadou_goita@yahoo.fr

Eric Holt-Giménez, Food First, USA, eholtgim@foodfirst.org

Aksel Naerstad, More and Better campaign / Development Fund: aksel@utviklingsfondet.no

Organisateurs des conferences:

Climate Network Africa, International Alliance Against Hunger, More and Better, Union Nacional de Camponeses Mozambique, Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP – Mali), IRPAD-Mali (Institut de recherche et de promotion des alternatives en développement), African Centre for Biosafety, FoodFirst, Terra Nuova (Italy), Development Fund (Norway)